Marie-Noëlle Lienneman, en 5 étapes

avenue Jean Jaurès (Belfort)

Au lycée de Belfort, avenue Jean Jaurès, c’est l’âge adulte et la liberté. Enfin presque… A l’époque, nous n’étions que des filles, donc impossible de draguer! Et on devait porter la blouse. Couleur bleu, couleur ose, une semaine sur deux. Pas très glamour… Ma mère s’en souvient encore. Quand elle a brodé mon prénom. « J’aurais dû t’appeler Zoé, c’est moins long! ». Si vous voulez, je peux vous les montrer. I’ve got the blouses… mais aujourd’hui, j’en suis fière!

55 Faubourg St Honoré (Paris)

L’Elysée : une adresse préhistorique. Vite, sortons le Président de ce bunker déconnecté de la vie du pays. On pourrait suivre l’exemple du pape François: il veut quitter le Vatican, pour ne plus vivre en vase clos. Pourquoi pas faire de l’Elysée un musée de la République? J’en ai parlé à Benoit Hamon. Et je lui ai donné un conseil: parle un peu moins des Français. Parle de la France. Et là, justement, mieux vaut sortir du palais. La réalité, c’est de l’autre côté du périphérique!

Châtenois-les-Roches (Territoire de Belfort)

Tout le monde le sait: je suis la grande gueule de service! En politique, j’ai appris à parler plus fort. Pour me faire entendre au milieu des machos. En fait, ça ne date pas d’hier. « Toi, tu ne te marieras jamais, car un homme n’aime pas qu’une femme lui réponde ! » me prédisaient les femmes de mon village. Elles ont eu tort. Je me suis mariée. Mais, mon époux m’a rapidement domptée. Et quand mes petits-enfants me disent « Mamie, vite des confitures! » Je file dans ma cuisine, dans mon village de Châtenois-les-Roches, et je m’exécute! Entre Docteur Lienneman et Mrs Marie-Noëlle gâteaux, à vous de choisir!

118, avenue du Général de Gaulle (Maisons-Alfort)

Au 118, avenue du Général de Gaulle, à Maisons-Alfort, on a joué un remake de « Mélodie en sous-sol ». Avec, dans les rôles principaux, une salle de réunion de la mairie, sans fenêtre façon catacombes, la fumée de cigarettes, et moi ! C’est dans cette cave que, moi, jeune étudiante de l’ENS Cachan que, j’ai adhéré au PS. L’idée ? Rénover le parti après le congrès d’Epinay et refaire le monde ! Sauf que Chevènement voulait nous coller Defferre, Mauroy et Mitterrand. Côté sang neuf, peut mieux faire… En fait, il avait raison. En mai 1981, j’ai vu la lumière. Et j’ai vite oublié la fumée ! C’est fou ce qu’on peut faire dans un sous-sol…

rue Marcel Cerdan (Massy Palaiseau)

L’arrivée rue Marcel Cerdan à Massy Palaiseau : le choc, en débarquant de mon territoire de Belfort. C’est là que j’ai appris ce que c’était que le logement social. Le chauffage, l’eau courante… c’était pas le Pérou, mais le confort ! Un jour, j’ai rencontré l’Abbé Pierre. Le courant est tout de suite passé. Je sentais que ses forces allaient lui manquer. Je lui ai dit : « L’abbé, vous avez tracé la voie. On va continuer. » Et c’est comme ça qu’est née « La Haute Autorité pour le Logement des plus démunis ». Comme quoi, la vie, ça se construit avec des convictions et des rencontres.